Je n’ai pas vraiment l’habitude de parler des études de médecine ni de la médecine sur ce blog, c’est même le contraire. Mais bon, quand il y a des choses importantes à dire, il faut les dire. Vous avez peut être entendu parler des étudiants en médecine qui faisaient grève ces derniers jours. Peut être sans trop comprendre pourquoi. En voici, en quelques lignes, l’explication.
Les études de médecine
Les études de médecine durent une dizaine d’année, avec l’externat (4ème à la 6ème année) et l’internat (7ème année jusqu’à la thèse). Le passage entre l’externat et l’internat se fait par un concours national (ECN). A l’issue de ce concours, on choisit – plus ou moins – en fonction de son classement (du premier au dernier) la ville dans laquelle on fera l’internat et la spécialité que l’on exercera. Et il est impossible de repasser ce concours en cas de mauvais classement. Concours qui dure 9 heures (sur deux jours) et qui est censé départager 5000 étudiants.
C’est vous dire l’importance de ce concours. Non seulement il décide de la spécialité que vous exercerez (généraliste, chirurgie, pédiatrie, épidémiologie, cardiologie etc…) mais aussi la ville dans laquelle vous vivrez (dur de changer de ville quand on a 26 ans et peut être déjà une attache).
La LCA
Bien, ceci c’était pour camper le décor. Maintenant parlons de l’épreuve de LCA (Lecture Critique d’Article). Soyons honnête, la LCA, c’est extrêmement important. C’est le fer de lance de la formation continue du médecin, toutes spécialités confondues. Il s’agit de la capacité du futur médecin à décortiquer les découvertes scientifiques concernant la médecine afin d’en tirer ce qui est intéressant et de jeter le reste.
Les problèmes qu’elle pose
Seulement voilà, cette nouvelle épreuve qu’est le LCA arrive dans de mauvaises conditions. Et ce, pour deux raisons très simples :
- Déjà, elle compte pour 20% de la note totale. Ce qui est jugé disproportionné par les externes en médecine, et pour cause, la cardiologie par exemple ne compte que pour 6%…
- Surtout, problème principal, l’enseignement du LCA est totalement disparate d’une faculté à l’autre. C’est plus que grave quand on sait que cette épreuve est nationale. Certaines facs ont plus de 100h de cours sur le LCA. Dans d’autres, cette matière n’est que survolée.
Ce que veulent les étudiants en médecine, c’est tout simplement un enseignement égal d’une fac à l’autre, et que cette épreuve prenne une place moindre dans la note totale. L’apparition de la LCA aux ECN a déjà été reportée pour les mêmes raisons. Or comme la situation n’a toujours pas changé, il serait normal de retarder son application et de se bouger pour organiser un enseignement digne de ce nom.
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Bonjour Matthieu! Un petit passage sur ton blog (qu’avec mon boulot je ne consulte plus assez :-( Et une réaction par rapport à cette note: je connais bien le sujet de la LCA (ma soeur est en 4e année) et effectivement, je ne trouve pas que ça soit suffisamment mis en avant dans les médias (les élections occultent tout le reste…). Et pour moi, il y a urgence car on ne peut pas juger les futures personnes qui nous soignerons de cette manière (parti pris certainement à cause de ce que ma soeur vit…). Merci en tout cas d’en avoir parlé sur ton blog!