Internet rend-il con ?
Et là , vous vous dites : « mais qu’est ce qui lui prend ? Bien sûr que non ! Internet a apporté la connaissance dans toutes les chaumières, l’homme n’est plus seul, il est relié à l’humanité et le savoir est à portée de clic. ».
Et je vous réponds : « Oui, mais. Et si le fait de nous abreuver continuellement d’informations faciles d’accès avait fait de nous des consommateurs, des zappeurs de l’info ? Et si nous n’étions plus capables de nous concentrer quelques minutes sans avoir besoin de cliquer quelque part ? ».
Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas vous parler de blogging ni de web 2.0, je vais seulement vous faire part d’une réflexion qui me vient à l’instant. Je vous livre mes idées comme elles viennent, advienne que pourra.
Voilà , loin de moi l’idée de critiquer les bienfaits du net. Seulement, je ne peux m’empêcher de remarquer qu’Internet modifie nos habitudes de lecture. Lorsque nous recherchons une information, notre premier réflexe est de nous jeter sur Google et de faire défiler les résultats de notre recherche en cliquant sauvagement sur des liens, en revenant en arrière, en lisant à toute vitesse… Incapables de nous arrêter deux minutes pour nous concentrer sur un article. Incapables de nous concentrer tout court.
Parce que la profusion d’informations nous a habitué à ne pas nous attarder et à aller directement à l’essentiel. Sans parler des sources d’info douteuses (Wikipedia entre autres) en qui nous faisons aveuglement confiance…
Cette mode du « zapping » existait bien avant l’arrivée d’Internet, mais je la trouve exacerbée. Est-ce que les bibliothèques sont destinées à devenir des musées, les encyclopédies des reliques ?
Commentaires
26 commentaires sur : Internet rend-il con ?
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C’est l’euphorie. Dès lors qu’on découvre un nouveau moyen technologique grand publique, nous connaissons des dérives. Ce fût le cas avec toutes les grandes avancées…
Pourtant nous avons continué à construire des bibliothèques plus grandes, pour permettre a ses nouvelles technologies de cohabiter avec nos vieux livres. Je reste persuadé que la numérisation ne pourra pas l’emporter sur tout, et qu’à terme nous trouverons un juste milieu.
Aujourd’hui la fougue et l’emballement l’emporte, mais c’est un passage obligé pour une évolution.
Dans quelques années les esprits ce seront calmés, la technologie ne sera plus « neuve » donc moyen attrayante, elle ne suscitera plus le même engouement et les gens reprendrons surement goût a la comparaison.
Je partage ton avis. J’ai lu récemment je ne sais plus où qu’Internet était devenu non seulement une culture de la gratuité mais un abêtissement : on prend tout pour argent comptant (cf wikipedia), alors même que la plupart des sources ne sont pas fiables. Imaginons que je cherche un article sur un sujet que je ne connais pas et que je tombe sur un site extrémiste. Vu que je ne connais pas le sujet, est-il réellement possible que je puisse prendre suffisamment de recul pour juger la source peu fiable? Pas sûr.
@Baptiste > Oui mais c’est oublier que la technologie ne fait que s’améliorer, avancer.. En ce sens elle sera toujours neuve, attrayante et suscitera toujours l’engouement.
@Pinklady > C’est le cÅ“ur du problème du web 2.0. Le contenu est généré par les utilisateurs, par conséquent, il est impossible d’échapper à la désinformation. Il fallait déjà un sacré sens critique pour regarder la télévision, mais avec Internet c’est encore plus nécessaire. Et je doute que tout le monde l’ait, ce sens critique.
Notre cerveau a l’avantage de s’habituer extrêmement vite. Le tout afin de garde un équilibre.
Le principe s’applique aux amateur d’alcool.
Dans un premier temps…gueule de bois, mal de tête.
Avec le temps le cerveau prends de plus en plus conscience de se qui lui arrive, gère la situation et ne stress plus d’où la tolérance a l’alcool.
Si notre cerveau s’adapte à internet pour un maximum de résultat dans un long terme.
Sa méthodologie de travail aura considérablement changé.
De ce fait pour un cerveau à 70%internet,30% vie réel, quand la personne se retrouvera face a une situation de la vie réel, son premier réflexe sera de chercher google par exemple.
Il m’est déjà arrivé maintes fois quand je casse quelque chose de penser involontairement « ctrl+z»
Ou des copier collé…
Mais se dont tu voulais parler c’est le fait que nous préférons la facilité de google au fait de réfléchir.
C’est le cerveau qui le veut ainsi : « l’économie d’énergie» …cf : wall-e
Tu utilise internet comme ça ?
Mort de rire !
Un conseil, va à la plage !
@desfossez thomas > C’est vrai que le cerveau s’adapte. Mais là , est-ce qu’il ne s’adapte pas justement à la facilité, à la rapidité d’accès à l’information ? Si on revenait 15 ans auparavant, je pense que beaucoup d’entre nous seraient désemparés s’ils devaient, par exemple, faire quelques recherches sur le plus haut gratte-ciel du monde…
@James > J’ai déjà prévu d’y aller dimanche, mais merci du conseil ;)
Je ne suis pas d’accord, enfin pas vraiment. Internet ne rend pas con, il nous rend consommateurs. Consommateurs d’informations à divers degrés selon les habitudes de chacun.
Après ce sont les personnalités qui jouent, on peut-être extrêmement consommateur d’informations tout en restant analytique. On peut aussi dévorer l’information sans l’assimiler et préférer la facilité et la rapidité à l’analyse (le célèbre coup des articles de plus de x mots qui sont ignorés de la plupart des lecteurs).
L’analyse, nécessaire à la compréhension, est une habitude de l’esprit. L’outil n’a rien a voir avec ça. Pour reprendre ton exemple de Wikipédia, j’ai vu des élèves prendre les informations diffusées par des profs comme argent comptant, et ayant bossé dans la branche je peut te dire qu’un sacré paquet de profs racontent des conneries durant leurs cours (des profs d’histoire essayant de rattacher ou de détacher leurs cours à des sujets d’actualité par exemple, ou des profs de philo s’appuyant sur des auteurs pour démontrer leur propres points de vues alambiqués).
Le fait de ne pas analyser une information, de ne pas essayer de la remettre en question, c’est là qu’est la connerie.
Qui plus est dans ton article j’ai l’impression que mélange 2 choses : la recherche d’une information et la consultation d’informations. Je m’explique, quand on recherche une information on a un besoin, il est naturel de chercher a le satisfaire. Donc quand on veut savoir quelque chose de précis, il est plutôt sain de se jeter sur google et de zapper frénétiquement jusqu’à trouver la réponse recherchée, sans prendre le temps de décortiquer chaque élément trouvé. Un exemple hier je cherchais une image d’anatomie du corps humain, présentant les différents organes colorés différemment pour bien les repérer avec des petites flèches désignant chaque organe (d’ailleurs toi tu as sans doute ça sous le coude), au fil de mes recherches je suis tombé sur des articles sur les os, sur l’anatomie des insectes, sur les organes de mammifères etc. C’est peut-être intéressant mais je n’allais pas passer des jours a étudier l’anatomie de toutes les bestioles peuplant la terre alors que je cherchais une réponse précise, c’est cette réponse que je dois analyser pas le reste.
A l’inverse lors d’une consultation d’informations on est passif, on ne recherche rien de précis mais on tombe sur des informations au cours d’une séance de surf ou de veille. Là il faut prendre le temps de l’analyser sinon elle n’a aucun interet, non seulement ça serait une pure perte de temps, mais surtout ça risque d’être contre-productif si on comprends quelque chose de travers pour avoir voulu lire en diagonale.
Bref tout ça pour dire qu’internet n’a rien a voir avec ça, ceux qui ne prenaient pas le temps d’analyser une information ne le feront pas plus ou moins avec internet, la seule chose qui change c’est la quantité d’informations.
Tout à fait d’accord. J’avais déjà lu une étude sur ce sujet. Nous ne traitons plus l’information comme avant. En quelque sorte, nous la sélectionnons.
@Stellaire > Merci pour ton – énorme – commentaire, plein de bon sens :) Tu as mieux décris la situation que moi.
Effectivement, face à la profusion d’informations qu’apporte internet, difficile de rechercher une info sans lire en diagonale et zapper rapidement les résultats. Moi même je fais comme ça, et je pense que c’est pareil pour tout le monde. Sinon on fait comme tu as dit, on passe une semaine à tout lire avant de trouver l’info que l’on cherchait.
Mais là où on tombe d’accord, c’est sur cette capacité d’analyse qu’il est primordial d’avoir sur le net, et que tout le monde n’a pas, c’est vrai.
Le titre de mon article était volontairement excessif pour interpeler le lectorat. Internet ne rend pas con (enfin, disons que ça ne rend pas PLUS con qu’avant) mais nous force à survoler les choses, de part la profusion d’informations à laquelle nous devons faire face chaque minute.
Ensuite, la deuxième étape qui consiste à analyser ce qu’on a choisi de lire, avec un oeil critique, ça c’est fonction de l’individu et cela n’a rien à voir avec l’outil, on est bien d’accord.
@Sophie > Effectivement, c’est ce que Stellaire décris bien dans son commentaire.
Pfff « enorme» rien que ça, il ne fait même pas une page ;)
Et puis tout ça a été parfaitement résumé par Brassens : http://www.deezer.com/track/32743
Pour ce qui est de la sélection d’informations, elle est aussi naturelle que souhaitable. Personne ne saurait analyser complètement ne serait-ce qu’une part infime des informations d’internet. A tout prendre je préfère largement sélectionner moi-même les infos qui m’intéressent, quitte a jouer au consommateur, que me laisser gaver d’informations sélectionnées par un autre, du genre rédacteur du JT de TF1.
PS: Matthieu, tu vois que je ne suis pas juste un imbécile impatient du coup :p
Ce qu’on peut constater en tout cas, c’est que tout le monde s’acharne à préserver la connerie des internautes, si ce n’est pas les rendre les rendre encore plus cons.
Les spécialistes de l’usabilité et de Google nous disent d’écrire uniquement sur les sujets à la mode, de faire court et d’utiliser des mots simples. Twitter et compagnie nous invitent à livrer nos vies brutes, sans filtre, sans réfléchir. Quant à la télé-réalité…
A qui profite ce décervelage organisé ? Le complot des multinationales américaines ?
Je ne pense pas qu’Internet nous rende con mais plutôt nous aide à le rester.
De même je suis pas sur que ce soit Internet qui rende con mais bien notre époque. En effet la télé rend con(TF1 and co), la presse rend con(people, journaux gratuits qui ne développent plus), la radio rend con (skyrock and co), les changement des leders d’opinion (peopolisation à outrance et télé réalité), la technologie (SMS et orthographe).
Evidement je caricature beaucoup, mais c’est plus du à un époque que réellement interne. C’est nous qui changeons, nous qui devenons zappeur de tout.
Mais d’un autre coté pour qui sait utilisé tout ça c’est aussi et surtout un superbe outil de communication et de partage
@Stellaire > Effectivement, tu nous prouves que tu n’as pas fait que lire en diagonale cet article ;)
@Damien Ravé > Là quand même, tu fais quelques raccourcis un peu tirés par les cheveux..
@Kameyoko > On est d’accord, nos habitudes sur le net ne sont pas les seules en cause. Ce que je voulais pointer du doigt dans cet article, c’était surtout le manque de recul que l’on peut avoir face à l’information trouvée sur internet, aggravé par l’obligation de faire avec une quantité énorme d’infos diverses.
Article interpellant !
J’irai même plus loin, en soulignant un fait que tu n’as pas mentionné dans ton article : le manque de critique. Beaucoup d’utilisateurs, voient internet comme une source insatiable d’eau fraiche… Seulement l’eau n’est pas toujours potable. Beaucoup trop d’internautes ne recoupent pas leurs sources, tout ce que dit « Google» est vrai (ou pas).
On oublie trop souvent que ce qui se trouve sur le web est la partie de l’information qu’on à bien voulu nous donner, un peu plus de méfiance est rigueur par moment.
Il est important surtout pour les webmestres et autres blogguers de ne pas relayer de fausses informations.
Merci pour cette réflexion…
Sébastien
Tu soulèves un bon problème, bien vu.
Bien sûr que je fais des raccourcis. Mais si je fais trop long et que j’expose en détail ma pensée, les lecteurs ne me liront pas ;).
Nan, ce que je veux dire, c’est que la belle richesse de notre langue, l’art de la périphrase ou de l’oxymore, les sommes de savoir jadis révérées ne sont plus encouragés sur le Web (et sans doute dans le monde médiatique en général). On est poussés à faire court, simple, brut.
Je l’ai expérimenté avec Adsense quand j’ai fait un article de réflexion sur l’idée que l’homme moderne devait jouer un rôle de filtre pour exister dans la prolifération d’informations. Google a lu le mot « filtre» et m’affiche des pubs pour les stations d’épuration. Google est pourtant assez costaud pour l’analyse sémantique. J’ai du mal à imaginer que mon article puisse sortir dans les résultats de recherche lorsqu’un internaute cherche à assainir ses eaux usées.
Le coup des multinationales, c’était pour rigoler. Quoique, TF1 vend du temps de cerveau pour Coca Cola / Google a la première régie publicitaire mondiale… Y’a quand même un lien.
Bien vu.
Nous sommes des lecteurs de titres avant tout. Le tien m’a accroché.
Le plus dur dans cette accumulation est de faire le tri et de ne pas croire qu’Internet se lit comme un livre ou un magazine.
Ne pas prendre la peine de vérifier une information est plutôt de la bêtise.
La connerie vient avec l’espèce humaine; Internet ne fait que l’amplifier :D
Comme en réponse à ton billet, Le Temps a publié cet article de Luc Debraine :
«Le cerveau prend la forme du Web»
http://www.letemps.ch/template/tempsFort.asp?page=3&article=238064
Pour ma part, je suis tout à fait d’accord avec Stellaire et pas du tout avec Damien Ravé. Mon métier est de rédiger du contenu. Contrairement à ce que croit Damien, mieux l’article est écrit, avec un vocabulaire riche et beaucoup d’informations, plus Google le trouve pertinent et mieux il le référence. Ce moteur de recherche valorise la qualité sur le long terme. Pour les autres moteurs, je suis moins sûre.
Ensuite, la longueur d’un article n’a rien à voir avec le nombre de lectures. C’est le style et la mise en forme qui font tout. Un texte bien aéré, avec des paragraphes courts, des sous-titres et des illustrations peut être long, il sera très lu dans son intégralité. Un texte court mais dense le sera moins. Cela n’a rien à voir avec l’intelligence, juste avec le confort de lecture.
Juste pour m’oter d’un doute, Matthieu, tu n’aurais pas un peu trollé avec ce titre ? ;)
@Sébastien > C’est un point qui vaudrait un article à lui tout seul mais en effet (d’autres commentateurs l’ont souligné) le manque de recul face à l’information sur le net est un réel problème. Comme on ne peut pas contrôler ce qu’il se dit sur le web, c’est aux internautes de se forger un solide sens critique. Et malheureusement, force est de constater que ce n’est pas toujours le cas…
@Damien Ravé > Je suis plutôt de l’avis de Delphine Dumont, à savoir qu’au contraire Google privilégie les articles bien écrits et surtout bien structurés (aérés, titres, sous-titres). Il y a un certain effort de rédaction à réaliser, mais dans l’ensemble je ne trouve rien à redire.
@Noisy > Je me demande si cet article aurait eu autant de succès avec un titre différent ;)
@Laurent > Sur ce point, on est d’accord :)
@Delphine Dumont > Et bien ! C’est un sujet d’actualité..
Pour être honnête, j’ai écris cet article comme il venait, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il ait autant de succès. Le titre est volontairement provocateur :p mais malheureusement beaucoup s’en sont tenus au titre alors qu’il ne reflète pas tant que ça le contenu de l’article. Il est plus là pour interpeler et je pense qu’il a réussi sur ce plan là .
Bonjour Matthieu,
Pour ma part, Internet m’a donné accès à des quantités massives d’informations auxquelles je n’aurais jamais eu accès sans le web.
Je ne sais pas si mon cerveau s’est particulièrement développé grâce au web mais… ma bibliothèque oui! Combien d’ouvrages n’aurais-je jamais découvert sans les blogs. Combien de livres n’aurais-je pas acheté sans les librairies en ligne et les avis d’utilisateurs.
Je ne pense pas qu’Internet rende plus con que le football, la télévision ou les jeux vidéos, au contraire ;-)
Je partage ton analyse.
Mais je dirais plutôt qu’Internet ne rend pas con, il entretient plutôt la connerie et la médiocrité.
De toute façon tôt ou tard on va avoir affaire à de sérieux problèmes. La liberté d’expression, quoi qu’on en dise, est totale sur le Web (sauf éventuellement pour la violation de vie privée et les insultes).
Le problème avec Internet, c’est que n’importe quel con peut écrire les conneries qu’il veut et se faire lire par des cons.
Il va réellement y’avoir un gros problème de fiabilité et d’intérêt des informations. Il suffit de lire les forums Doctissimo (vous savez, le plus gros forum de France où chacun raconte ses petits bobos) pour se rendre compte que l’information est dangereuse : conseils de merde émanant de personnes non médecins, et automédication parfois dangereuse.
ca rent con internete tout le monde me le dit est on me parle touse de jeux sur interne comme dark orbit ou plus con encor arrter de jouer
@the-clone-wars > Non seulement ça rend con, mais aussi illettré !
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