La cérémonie venait tout juste de commencer. L’ensemble de la population de Tiptica avait été convié. Il était impossible de ne pas assister à cette célébration sans avoir une raison valable. Tiptica était une petite cité, fondée dans des temps très anciens, sur un plateau au cœur de la Cordillère des Andes. Elle était entourée de hautes montagnes dont les sommets enneigés demeuraient presque toujours cachés par les brumes.
Depuis le commencement de la troisième lune, le ciel était sombre et nuageux. Le tonnerre grondait le jour comme la nuit. Mais la pluie ne tombait pas. Les Dieux étaient en colère et ils le faisaient savoir. Si cela se prolongeait, les prochaines récoltes seraient catastrophiques et la population connaîtrait une nouvelle famine. C’est la raison pour laquelle le Grand Prêtre Izias, décida que le moment était venu pour un nouveau rituel d’écriture. Seul moyen d’apaiser l’irritation des Divinités et du Ciel.
Izias prit place au sommet du Temple de la Connaissance. Une immense pyramide qui s’élevait très haut dans le ciel et comptait des centaines de marches toutes plus raides les unes que les autres. A son sommet se tenait un autel très particulier où Izias et ses disciples matérialisaient les pensées et les paroles en signes étranges et mystiques. Seuls les initiés avaient le droit de monter au sommet du Temple. La sanction pour quiconque oserait approcher les secrets d’Izias était terrible. Mais ce n’était rien comparé au châtiment divin qui attendait le malheureux.
Izias s’avança et balaya la foule du regard. Hommes, femmes, enfants, vieillards… Ils se tenaient tous devant lui, vêtus d’une toge blanche et de sandales en cuir. On pouvait lire dans leurs yeux l’admiration, le respect, mais aussi la peur. Pour beaucoup, les rituels d’écriture étaient synonymes de catastrophes. Ils étaient les derniers recours d’une population n’arrivant pas à calmer la colère du ciel. Et seul Izias maîtrisait la magie de l’écriture, qui lui permettait de communiquer directement avec les Dieux.
Dans le plus grand silence, il prit sa plume et les feuilles que lui tendait un de ses disciples. Et il écrivit. Durant plusieurs heures. Izias écrivit des pages et des pages. Personne n’osait parler ou commenter la cérémonie.
A la fin, Izias, tremblant de fatigue, se leva, plia les feuilles qu’il venait de noircir et les accrocha au cou d’une colombe. Celle-ci s’élança dans le ciel. Elle se chargerait d’acheminer le texte aux Dieux, et si celui-ci s’avérait suffisamment divertissant, leur colère s’apaiserait peut être…
Jusqu’au prochain rituel d’écriture.
De MatthieuM


Décidément, j’aime ton humour décalé…
Un descendant Tiptica… Matthieu?????
On s’y croirait.
C’est effectivement un rituel impressionnant mais tout de même moins pénible que celui qui est imposé par les trolls de la forêt de Blogériande, au moins sur le plan olfactif ! ;)
juste j’ai pas du tout comprendre puisqu’hélas je ne vois pas le côté humoristique de la nouvelle … :’( mais bon sinon bien écrit même si je trouve dommage malgré tout de juste compter une histoire comme ça sans lien avec rien d’autre et n’amenant rien de particulier…en espérant que tu donnes un peu plus d’informations sur ce peuple dans d’autres nouvelles…
En fait, je n’ai pas écris cette histoire dans un but humoristique.. Tant mieux si on trouve de l’humour dedans mais son style est neutre.
Sinon, au fait que cette histoire tombe "comme ça" sans lien avec quoi que ce soit, il y a une explication simple. C’est que je l’ai imaginée suite à un thème qui m’a été donné et qui était "rituel d’écriture". Le but étant d’inventer une nouvelle à partir de ça. Alors j’ai fait tourner mon imagination.
Maintenant il n’est pas exclut qu’il y ait d’autres nouvelles incluant ce peuple un peu spécial. Ce n’était pas prévu au départ, mais pourquoi pas.
ok ! merci pour ton explication c’est sympa on comprend mieux la démarche en sachant ça !! :D t’aurais du le dire dès le début…:D